ثقافة

Danses folkloriques du monde : une célébration de la diversité culturelle

La soirée du 11 Août a offert au public du Festival international de Carthage (FIC) un véritable voyage à travers les cultures du monde. Intitulée « Danses folkloriques du monde », cette soirée a réuni douze tableaux représentant dix pays, faisant des costumes, des rythmes et des chorégraphies les vecteurs d’un patrimoine vivant, riche de traditions et de récits

Un premier avant-goût avait été donné la veille, Lundi 10 Août, sur l’avenue Habib Bourguiba, où les troupes folkloriques invitées sont allées à la rencontre du public. Le lendemain, elles se sont retrouvées sur la scène de Carthage devant un public nombreux, composé de spectateurs de tous âges ainsi que de plusieurs représentants diplomatiques. En parallèle des prestations, un écran géant projetait des images de sites naturels et historiques emblématiques des différents pays représentés

La soirée s’est ouverte avec la troupe de l’Opéra de Pékin et son tableau « Trouble dans le palais de l’empire céleste ». Une vingtaine de danseurs en costumes traditionnels colorés ont donné vie à un récit issu du patrimoine chinois, mettant en scène des guerriers confrontés à des rebelles. Chant, musique instrumentale, chorégraphie, théâtre et acrobaties se sont mêlés dans une prestation spectaculaire

La Tunisie a ensuite été représentée par la Troupe nationale tunisienne des arts populaires avec « Mharem ». Ce tableau, porté par une musique jouée en direct, le chant et une danse particulièrement rythmée, accordait une place centrale aux foulards tunisiens, utilisés comme accessoires et éléments chorégraphiques

Le public a ensuite découvert le patrimoine du Monténégro à travers la prestation de l’AKUD Mirko Srzentić, importante société universitaire de folklore fondée en 1965 à l’Université du Monténégro. La vitalité de cette danse traditionnelle a rapidement gagné les spectateurs, qui ont accompagné le tableau par des applaudissements cadencés

Avec le Japon et son tableau « The Rising Sun », la scène s’est animée au rythme des tambours traditionnels. qui ont occupé le devant de la scène dans une démonstration où puissance, énergie et précision rythmique se sont conjuguées

L’Université Américaine du Caire a, pour sa part, proposé un tableau inspiré de « Jamal al Woujoud ». Trois danseurs en costumes traditionnels ont interprété une chorégraphie de derviches tourneurs sur une musique spirituelle. La maîtrise des rotations et les mouvements hypnotiques des artistes ont captivé le public, avant de laisser place à une seconde chorégraphie, plus contemporaine

Depuis l’île de Gozo, à Malte, l’Ogygia Folk Group a fait revivre les traditions de l’archipel méditerranéen à travers des danses, des costumes et des rythmes entraînants. Une prestation qui a mis en lumière la richesse d’un folklore insulaire profondément ancré dans son histoire

La Troupe nationale tunisienne des arts populaires est revenue sur scène avec « Rboukh ». Cette fois, les hommes arboraient le dengri et la chechia, tandis que les danseuses portaient des robes et des accessoires traditionnels, offrant un nouveau tableau consacré au patrimoine tunisien

L’Inde était représentée par la troupe Gujarati Folk, qui a entraîné le public dans une chorégraphie haute en couleurs inspirée des traditions populaires de l’ouest du pays. Les rythmes ancestraux du Garba et du Dandiya Raas ont donné à cette prestation une énergie communicative

La proximité culturelle entre les deux rives de la frontière maghrébine s’est particulièrement ressentie lors de la prestation de la Troupe nationale libyenne des arts populaires. Sa chorégraphie vive et entraînante, accompagnée par une musique jouée en direct, a fait résonner des sonorités familières au public tunisien, témoignant de liens culturels profondément enracinés entre les deux pays voisins

L’Algérie a ensuite été mise à l’honneur par le Ballet de l’Office national de la culture et de l’information (ONCI). Deux tableaux ont présenté au public les costumes traditionnels, les chants et les musiques algériennes, avec notamment une chorégraphie consacrée à la Kabylie

Le Maroc était représenté par le groupe Tizwit, une troupe de danse folklorique amazighe originaire de Kelâat M’Gouna, dans le sud-est du pays. Au rythme des percussions et des chants, l’ensemble a proposé une danse collective puisée dans le patrimoine amazigh, clôturant ainsi le parcours à travers les différentes traditions invitées

La Troupe nationale tunisienne des arts populaires a assuré la dernière prestation de la soirée. Puis, dans un moment particulièrement symbolique, toutes les troupes sont montées ensemble sur scène au son de « Sidi Mansour ». Les artistes ont agité leurs drapeaux respectifs, tandis que le drapeau tunisien occupait le centre de la scène

Pendant plus de deux heures et demie, le public a ainsi voyagé d’un continent à l’autre, porté par les rythmes, les costumes et les gestes de la danse traditionnelle. Bien plus qu’un spectacle, cette soirée a constitué une rencontre entre des patrimoines et des sensibilités différentes

À travers cette programmation, le FIC a une nouvelle fois mis en évidence le rôle de l’art comme langage universel et comme pont entre les cultures. Sur la scène de Carthage, la diversité n’a pas seulement été montrée : elle a été dansée, célébrée et partagée

Malek Chouchi

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