Adam à Carthage 2026: quand la voix et le tarab font vibrer les pierres antiques

Il y a des voix que l’on reconnaît dès les premières notes, celle d’Adam. Le 4 septembre 2026, le chanteur libanais a renoué avec la scène mythique de Carthage et avec un public tunisien particulièrement attaché à son univers, entre romantisme, douleur amoureuse et grandes envolées de tarab
Après avoir marqué les esprits quelques semaines plus tôt lors de son passage à Hammamet, Adam a investi le Théâtre antique de Carthage pour une soirée placée sous le signe de l’émotion et de la nostalgie. Organisé par L’Amicale du Tourisme, en partenariat avec Starbox et Wakalar Events, dans le cadre de Carthage Off 2026, ce rendez-vous a également marqué son retour sur cette scène après un passage très remarqué en 2025
La soirée a réuni un public venu nombreux retrouver les grands titres du chanteur et partager avec lui ces refrains qui ont accompagné plusieurs générations

Adam, porté par sa voix
Avec Adam, tout commence par la voix. Dès les premières mesures, le chanteur libanais impose une signature vocale reconnaissable, à la fois puissante, grave et chargée d’émotion. Son interprétation, portée par une grande maîtrise des nuances, installe rapidement une atmosphère intimiste au cœur de l’amphithéâtre
À Carthage, les vieilles pierres semblent amplifier chaque note et donner une résonance particulière aux envolées vocales du chanteur
Le public, lui, connaît les chansons. Il ne vient pas seulement les écouter. Il vient les chanter
Kifak Enta, le refrain que tout le monde attend
Parmi les moments les plus attendus figure naturellement Kifak Enta, l’un des titres emblématiques du répertoire d’Adam
Dès les premières notes, les voix du public se mêlent à celle du chanteur. Le refrain monte des gradins, repris par une salle qui connaît chaque parole
Adam laisse alors volontiers le public prendre le relais
Ce dialogue entre la scène et les gradins constitue l’une des grandes forces de ses concerts. En Tunisie, plusieurs de ses chansons sont devenues de véritables refrains populaires, et Kifak Enta en est sans doute l’un des exemples les plus évidents
Fi Hada, Ala Bali … : les chansons d’une génération
La soirée se poursuit avec plusieurs titres qui ont accompagné une grande partie du parcours artistique d’Adam
Fi Hada, Ala Bali, Majrouh, Ayam, Kheleset El Hekaya, Bahebak Ana composent un répertoire profondément marqué par l’amour, la séparation, l’attente et les regrets
Des thèmes universels que la voix d’Adam parvient à rendre particulièrement personnels
Avec Kheles El Damaa, l’émotion monte encore d’un cran. Le chanteur joue sur les nuances et les montées vocales, laissant toute la place à l’interprétation
Dans les gradins, le public suit, reprend et accompagne
Classiques qui réveillent la mémoire arabe
Adam ne se contente pas de revisiter ses propres succès
Au fil de ses concerts, il s’est également imposé comme un interprète capable de rendre hommage aux grandes voix de la chanson arabe. Son répertoire scénique fait ainsi une place à des titres associés à des artistes comme George Wassouf, Mayada El Hennawy, Warda et Dhekra
À Carthage, ces reprises prennent une dimension particulière
Avec Helef El Amar, Adam rend hommage à George Wassouf. Avec Ana Baachak, il revisite l’univers de Mayada El Hennawy. Et avec El Asami, il retrouve l’une des chansons emblématiques de Dhekra
El Asami, l’hommage qui touche le public tunisien
La reprise de El Asami possède une résonance particulière en Tunisie
Dhekra demeure profondément présente dans la mémoire musicale du pays. Sa voix, son parcours et son immense popularité dans le monde arabe ont laissé une empreinte durable
Lorsque Adam reprend l’un de ses titres, l’hommage dépasse donc la simple reprise musical
Les premières notes suffisent à faire renaître une émotion collective. Le public a reconnu la chanson, a repris les paroles et a accompagné le chanteur dans cette parenthèse consacrée à la mémoire de Dhekra
Hadha Ana, l’un des moments forts de la soirée
Avec Hadha Ana, Adam a offert l’un des moments les plus marquants de la soirée. Dès les premières notes, le public a reconnu le titre et s’est laissé emporter par cette chanson à la fois intime et intense
Portée par une interprétation vocale particulièrement expressive, la chanson a installé une atmosphère plus profonde dans l’amphithéâtre. Adam y déploie toute la richesse de sa voix, passant des passages les plus retenus aux envolées qui font sa signature
Dans les gradins, les spectateurs accompagnent le chanteur, reprenant certains passages en chœur. La chanson prend alors une nouvelle dimension : celle d’un moment partagé entre l’artiste et son public
Avec Hadha Ana, Adam confirme une nouvelle fois sa capacité à faire de la chanson romantique un véritable moment de scène, où la voix, les paroles et l’émotion occupent toute la place
Entre tarab, nostalgie et ferveur
C’est finalement cette alternance qui donne sa couleur au spectacle d’Adam : passer d’une chanson intime à une grande envolée de tarab, d’un succès personnel à un classique arabe, d’une mélodie romantique à une interprétation plus intense
Sa force réside précisément dans cette capacité à faire varier les émotions sans perdre le fil de la soirée
Et à Carthage, le décor amplifie encore cette sensation
Dans les gradins, le public reprend les refrains en chœur. Les voix se mêlent à celle d’Adam et, peu à peu, l’amphithéâtre tout entier semble ne faire plus qu’un avec la scène
Soirée à l’image d’Adam
Adam n’a pas seulement livré un concert à Carthage. Il a proposé un voyage à travers plusieurs générations de la chanson arabe
Ses propres succès ont côtoyé les grands classiques, les histoires d’amour ont rencontré la nostalgie et le tarab a trouvé, entre les pierres antiques, un écrin à sa mesure
De Kifak Enta à Fi Hada, de Ala Bali à Kheles El Damaa, de Hadha Ana à El Asami, la soirée a suivi un même fil conducteur : celui de l’émotion
Et lorsque la voix d’Adam s’est élevée dans la nuit carthaginoise, les gradins ont répondu en chœur
Une voix, des chansons et un public : à Carthage, Adam a une nouvelle fois rappelé que les grands refrains ne se contentent pas d’être entendus. Ils se vivent, se partagent et, surtout, se chantent ensemble
Malek Chouchi




