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À Monastir, le tourisme durable au cœur d’une réflexion maghrébine sur le tourisme de demain

À Monastir, journalistes tunisiens, marocains et algériens ont croisé leurs regards sur les transformations du tourisme méditerranéen. Les discussions ont mis en lumière les défis auxquels sont confrontés les territoires touristiques : pression sur les ressources, préservation du patrimoine et de l’environnement, diversification de l’offre et retombées pour les populations locales.

Du 21 au 25 Septembre 2026, Africa 21, avec le soutien de la DW Akademie, de la Friedrich-Ebert-Stiftung Tunisie et de l’UNESCO, L’atelier a surtout permis d’examiner les initiatives qui cherchent à faire évoluer les modèles touristiques, en rapprochant notamment tourisme, agriculture, économie circulaire, biodiversité et développement local. Une réflexion qui invite aussi les médias à renouveler leur manière de raconter le tourisme, au-delà des seuls indicateurs de fréquentation et de performance économique.

Trois piliers, une même exigence : gouverner la durabilité

Lors de la première séquence de la journée du 22 Septembre a été consacrée au cadre et aux acteurs du tourisme au Maghreb, Robin Degron, expert associé d’Africa 21, a placé la question de la gouvernance au centre de la réflexion.

La durabilité touristique repose d’abord sur trois dimensions indissociables : l’économique, le social et l’environnemental. Aucun de ces piliers ne peut être pensé isolément. Un territoire touristique doit pouvoir créer de la richesse et des emplois, mais sans épuiser ses ressources naturelles ni marginaliser les populations qui y vivent.

À l’intersection de l’économique et de l’environnemental apparaît la notion de viabilité : comment maintenir une activité touristique économiquement solide tout en préservant les ressources dont elle dépend ? Entre économie et société se pose la question de l’équité, c’est-à-dire de la répartition des bénéfices, des emplois et des opportunités. Enfin, le croisement entre environnement et société renvoie à la vivabilité, avec la nécessité de garantir aux populations locales un cadre de vie sain et durable.

Toutefois, l’enjeu ne réside pas uniquement dans la coexistence de ces trois piliers. Il s’agit surtout de parvenir à les concilier à travers une gouvernance cohérente.

Le tourisme représente une part importante de l’activité économique de nombreux pays. Selon les données du World Travel & Tourism Council pour 2024, la contribution totale du secteur « Travel & Tourism » au PIB atteignait environ 9,1% en France, 14% en Tunisie et 15,6% en Espagne. Au Portugal, elle dépassait 21%. Ces chiffres témoignent du poids économique du tourisme, mais ils ne racontent qu’une partie de l’histoire car un territoire touristique ne se résume pas à son PIB.

Robin Degron : « Il faut savoir comment on va gérer, comment on va gouverner »

Pour l’expert, le tourisme durable doit être appréhendé à travers trois dimensions complémentaires.

Quand on parle de durabilité, il faut savoir qu’on doit penser bien sûr à la dimension environnementale du tourisme. On doit penser aussi à la dimension économique, parce qu’il y a des impacts économiques, mais également sociaux, explique-t-il.

À ces dimensions s’ajoute désormais, selon lui, la dimension culturelle, qui permet de mieux prendre en compte les spécificités des territoires et leurs ressources locales. Celle-ci prend notamment tout son sens lorsqu’il est question de tourisme local, de patrimoine et de valorisation des produits du terroir.

Mais au-delà de la définition même de la durabilité, l’enjeu central réside dans la manière de la mettre en œuvre.

Il faut surtout savoir comment on peut gérer cette durabilité et comment on va gouverner le tourisme pour atteindre cette durabilité, souligne t-il.

Cette question de la gouvernance prend une résonance particulière dans l’espace méditerranéen, marqué à la fois par une histoire millénaire et par le développement précoce du tourisme moderne. La Méditerranée est, rappelle l’expert, « le berceau de la civilisation humaine », mais aussi l’un des espaces où le tourisme international s’est progressivement développé. Il évoque notamment l’exemple de Nice et l’arrivée, dès les premières formes du tourisme moderne, de visiteurs venus séjourner sur les côtes méditerranéennes de la rive nord.

Cette histoire explique en partie la place occupée aujourd’hui par le tourisme de masse dans la région. Pour Degron, il ne s’agit cependant pas nécessairement de remettre en cause ce modèle, mais plutôt de le compléter et de le diversifier.

Le tourisme de masse fonctionne, le tourisme classique fonctionne. La durabilité doit avoir une continuité avec ce modèle, mais on doit compléter ce modèle avec de nouveaux produits, avec des niches de produits, ou bien de nouveaux territoires, affirme-t-il.

La diversification de l’offre apparaît ainsi comme l’une des pistes permettant de faire évoluer le tourisme méditerranéen. Elle peut passer par la découverte de nouveaux territoires, mais aussi par une meilleure valorisation du patrimoine, de la gastronomie, des produits locaux, du tourisme rural et des savoir-faire. Dans cette perspective, la distinction entre territoire et terroir prend toute son importance. Le territoire renvoie à un espace géographique et humain plus large, tandis que le terroir permet de mettre en avant des productions, des pratiques et des savoir-faire étroitement liés à un lieu.

Cette approche suppose surtout de renforcer la place des acteurs locaux.

On doit penser à valoriser, ou bien à encourager, les acteurs locaux pour pouvoir parler d’un tourisme durable, estime t-il.

Pour lui, l’implication des populations constitue même une condition fondamentale de la transition touristique.

On ne peut pas vraiment avoir un tourisme durable sans l’implication des locaux, de la population locale. Ça, c’est très important, insiste-t-il.

Cette participation passe notamment par le soutien aux petites entreprises qui développent des circuits, font découvrir le patrimoine, mettent en valeur la gastronomie ou proposent des expériences autour des produits du terroir. Ces acteurs ont, selon l’expert, besoin d’être accompagnés à travers « une stratégie » et davantage de visibilité. L’objectif est ainsi de faire en sorte que le tourisme ne soit pas seulement une activité économique organisée autour de l’accueil de visiteurs, mais qu’il puisse également contribuer au développement des territoires et bénéficier à ceux qui les font vivre.

Pour la Tunisie, cette évolution pose toutefois la question du cadre institutionnel et réglementaire. Degron relève notamment l’absence d’un cadre législatif suffisamment adapté à certaines nouvelles formes de tourisme, en particulier dans le domaine rural.

Dans le cadre de la Tunisie, on n’a pas vraiment un cadre législatif concernant ces nouveaux produits, essentiellement ceux qui concernent le tourisme rural, observe-t-il.

Il appelle ainsi les pouvoirs publics à travailler sur les conditions permettant à ces initiatives de se développer.

Je pense que les instances politiques en Tunisie doivent travailler sur ce cadre législatif pour encourager les produits qui vont vers la durabilité, poursuit-il.

Cette évolution implique également de clarifier ce que recouvre la notion même de tourisme durable. Pour Degron, il ne faut pas considérer celui-ci comme une forme touristique autonome, au même titre que le tourisme balnéaire ou culturel.

Le tourisme durable, ce n’est pas vraiment une pratique, il faut faire attention : c’est un concept, précise-t-il.

Ce concept peut se traduire dans différentes pratiques et différentes formes de tourisme, parmi lesquelles le tourisme vert, l’agritourisme, l’écotourisme ou encore le tourisme dans les parcs nationaux.

Dans le contexte tunisien, cette conception ouvre ainsi plusieurs possibilités : développer le tourisme rural, renforcer l’agritourisme, valoriser les produits du terroir, structurer des circuits culturels et patrimoniaux ou encore proposer des expériences reposant sur les savoir-faire locaux. La question n’est donc pas uniquement de créer de nouveaux produits touristiques, mais de déterminer comment ceux-ci peuvent être adaptés aux caractéristiques et aux ressources propres à chaque territoire.

Pour passer du concept à la pratique, plusieurs conditions doivent néanmoins être réunies. Degron en identifie trois : les moyens financiers, le cadre législatif et la formation.

Il faut avoir les moyens financiers, il faut avoir aussi le cadre législatif, il faut aussi avoir la formation, résume-t-il.

Cette dernière dimension concerne directement les professionnels du secteur, notamment dans les établissements hôteliers. La transition vers des pratiques plus durables suppose en effet de disposer de compétences permettant de réduire la consommation d’eau et d’énergie, de limiter les déchets et le gaspillage, de mieux valoriser les produits locaux ou encore de sensibiliser les visiteurs.

L’expert pose ainsi une question qui touche directement aux conditions concrètes de mise en œuvre du tourisme durable :

Si on parle du tourisme durable, on parlait des hôtels et tout ça, mais les gens qui sont à l’hôtel, est-ce qu’ils sont vraiment formés pour pratiquer ce qu’on appelle aujourd’hui le tourisme durable ? 

La réponse renvoie à la nécessité d’intégrer la formation dans les politiques de transition du secteur.

Derrière ces enjeux institutionnels, économiques et environnementaux se dessine finalement une conception plus large du tourisme. Pour Degron, l’activité touristique ne peut pas être réduite aux chiffres de fréquentation, au nombre de nuitées ou aux recettes générées. Elle repose également sur une expérience humaine, sur la rencontre entre visiteurs et populations locales et sur la découverte de cultures, de patrimoines et de savoir-faire.

Voyager signifie aussi rencontrer l’autre, découvrir des pratiques différentes et parfois modifier son regard sur un territoire. Dans cette perspective, la dimension culturelle et la qualité de la relation entre visiteurs et populations d’accueil deviennent des composantes importantes de la durabilité.

La transition touristique ne consiste donc pas uniquement à réduire les impacts environnementaux du secteur. Elle implique aussi de préserver les identités locales, de mieux répartir les retombées économiques, de soutenir les acteurs des territoires et de construire des expériences qui respectent les ressources et les populations. Une transformation qui, comme le résume Degron, repose avant tout sur une capacité collective à organiser et à gouverner le tourisme :

La durabilité, il faut savoir comment la gérer.

La Méditerranée face à ses propres contradictions

Cette réflexion prend une résonance particulière en Méditerranée. La région est l’une des grandes destinations touristiques mondiales, mais elle est également confrontée à de fortes vulnérabilités environnementales et climatiques.

Changement climatique, épisodes de chaleur, sécheresses, stress hydrique, pression sur les littoraux, déchets et émissions liées aux transports viennent fragiliser des territoires qui dépendent pourtant fortement du tourisme.

La question de l’eau est particulièrement sensible. Dans certaines destinations, les besoins des hôtels, des piscines et des espaces verts doivent être mis en regard de ceux des habitants et de l’agriculture. Il ne s’agit pas d’opposer systématiquement tourisme et population locale, mais de réfléchir à la manière de partager une ressource devenue stratégique.

Le tourisme de croisière soulève lui aussi des interrogations liées au transport maritime, aux émissions, aux déchets et à la concentration ponctuelle de visiteurs dans certains ports et centres historiques.

Tourisme durable : les initiatives de Monastir

Les représentants du ministère du Tourisme, notamment le Commissariat régional au tourisme de Monastir, ont ensuite présenté plusieurs initiatives mises en œuvre sur le terrain en faveur d’un tourisme plus durable.

Un cas d’étude soutenu par le Commissariat régional au tourisme de Monastir a notamment été présenté autour de la gestion environnementale dans les établissements hôteliers. Il s’agit de l’ACD (Active Citizens for Development) est impliquée dans plusieurs initiatives visant à renforcer la dimension environnementale du tourisme dans la région de Monastir. Dans le secteur hôtelier, l’association a notamment collaboré avec Iberostar dans le cadre des « Collèges d’Hôtels », une démarche destinée à favoriser l’échange de bonnes pratiques et la recherche de solutions collectives face aux enjeux environnementaux du secteur.

Parmi les actions documentées figure une formation consacrée au compostage et à la valorisation des déchets organiques issus des activités hôtelières, organisée en 2024 à l’Iberostar Kuriat Palace. Réalisée en collaboration avec Iberostar, elle a réuni 53 participants issus de 25 hôtels de Monastir et de Hammamet, ainsi que des représentants de plusieurs institutions publiques. Les travaux menés dans ce cadre portent notamment sur la réduction et la valorisation des déchets, la diminution des déchets plastiques et, plus largement, l’amélioration de l’empreinte environnementale des établissements.

Cette démarche s’inscrit dans une conception plus large du tourisme durable, qui ne se limite pas à la gestion environnementale des hôtels. Elle rejoint notamment certains principes de programmes internationaux tels que Travelife, qui prennent en compte la gestion de l’eau, la réduction et la valorisation des déchets ainsi que l’amélioration continue de la performance environnementale des établissements touristiques. Ces références constituent toutefois un cadre général de durabilité et ne doivent pas être assimilées aux actions spécifiques conduites par ACD à Monastir.

La dynamique locale comprend également des initiatives consacrées à la protection de l’environnement et à la valorisation du patrimoine naturel et touristique. Des actions de sensibilisation ont notamment porté sur la protection de la tortue marine et sur la préservation de la biodiversité, notamment autour des flamants roses dans la zone de Sahline. D’autres démarches concernent l’information des visiteurs dans certains espaces touristiques, ainsi que l’amélioration de la gestion des déchets dans les zones fréquentées par le public.

La sensibilisation des jeunes constitue un autre volet de cette dynamique. Des activités liées à l’écotourisme et aux pratiques environnementales ont été développées dans la région de Monastir, notamment autour du tri et de la valorisation des déchets. L’objectif est de renforcer leurs connaissances et leurs compétences afin de favoriser leur participation aux initiatives liées au tourisme durable et à la transition écologique.

La dimension économique et sociale de cette transition est également explorée à travers des initiatives en faveur de l’entrepreneuriat féminin et de la valorisation des déchets textiles. L’idée est de transformer certains matériaux considérés comme des déchets en ressources ou en nouveaux produits, dans une logique d’économie circulaire et de création d’activités locales.

Une autre piste concerne la valorisation des déchets organiques et des restes alimentaires dans le cadre de modèles circulaires associant agriculture et tourisme. Cette approche vise notamment à mieux utiliser les ressources disponibles localement et à rechercher des solutions permettant de réduire et de valoriser les déchets produits par les établissements touristiques.

Le rapprochement entre agriculteurs et professionnels du tourisme constitue ainsi un axe potentiel de cette démarche. Il peut favoriser l’utilisation de produits agricoles locaux par les établissements hôteliers tout en ouvrant des possibilités de coopération autour de la gestion et de la valorisation des matières organiques. L’enjeu est de créer progressivement des boucles locales entre production, consommation et valorisation des ressources.

Cette approche territoriale associe ainsi plusieurs catégories d’acteurs : établissements touristiques, agriculteurs, jeunes, entrepreneurs, associations et institutions publiques. Les expériences développées à Monastir peuvent également être mises en relation avec des initiatives menées dans d’autres territoires, notamment à Sousse et à Mahdia, afin de favoriser l’échange d’expériences et la diffusion des pratiques pertinentes.

L’ensemble de ces initiatives traduit une évolution vers une conception plus intégrée du tourisme durable, dans laquelle la performance environnementale des hôtels constitue un point de départ, mais où les enjeux de biodiversité, d’économie circulaire, d’agriculture locale, d’entrepreneuriat et de sensibilisation des jeunes sont également pris en compte.

Dans ce cadre, le Commissariat régional au tourisme peut être considéré comme l’un des acteurs institutionnels associés à certaines de ces démarches, notamment à travers sa participation à des actions et rencontres consacrées au tourisme durable.

De Monastir à Sousse : lorsque le patrimoine devient une expérience

La réflexion s’est prolongée par la suite sur le terrain avec la visite de la Médina de Sousse, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1988.

Accompagnés par une autorité locale, les participants ont parcouru les différents espaces de la médina et découvert les éléments qui témoignent de son histoire : les remparts, les ruelles traditionnelles, le Ribat, la Grande Mosquée et les souks.

Les remparts, principalement construits à l’époque aghlabide, rappellent le rôle stratégique de Sousse comme cité portuaire et place fortifiée. Dans les ruelles de la médina, l’organisation traditionnelle de la ville apparaît encore à travers les passages étroits, les maisons et les espaces de vie.

Le Ribat de Sousse, édifié à l’époque aghlabide, témoigne de la dimension à la fois religieuse et défensive de la cité. Sa position et son architecture rappellent l’importance de Sousse dans la surveillance du littoral et dans l’organisation militaire de la ville médiévale.

À quelques pas, la Grande Mosquée, construite au IXe siècle sous les Aghlabides, rappelle l’importance religieuse et politique de la cité. Sa proximité avec le Ribat et les remparts illustre la manière dont les fonctions religieuses, défensives et urbaines étaient étroitement imbriquées.

Puis viennent les souks, où le patrimoine cesse d’être seulement un objet à contempler pour redevenir une activité quotidienne. A Sousse, le patrimoine est vivant : on y vend, on y fabrique, on y échange et on y transmet des savoir-faire.

Quand l’artisanat raconte une autre Tunisie

C’est dans cet univers que les participants ont rencontré une artisane tunisienne qui leur a présenté son activité et ses produits artisanaux 100% tunisiens.

Son témoignage a donné une dimension très concrète aux discussions du matin. Derrière chaque produit se trouvent un savoir-faire, des gestes, des matières, une histoire et un parcours entrepreneurial.

La rencontre a également permis de mettre en lumière la place des femmes dans l’économie locale. À travers son activité, l’artisane contribue à préserver des savoir-faire traditionnels tout en développant une activité économique indépendante.

Son expérience illustre une autre facette du tourisme durable : celle d’un tourisme capable de créer des liens entre visiteurs et producteurs, entre patrimoine et économie locale, entre culture et entrepreneuriat.

Le visiteur ne repart alors pas seulement avec un objet acheté dans une boutique. Il repart avec l’histoire d’une personne, d’un métier et d’un territoire.

Quel tourisme pour demain ?

La question traverse finalement l’ensemble de l’atelier : quel tourisme voulons-nous pour demain ?

La réponse ne peut plus se limiter à « davantage de touristes ». Elle doit également porter sur la qualité des expériences, la capacité des territoires à supporter les flux, la disponibilité de l’eau, la consommation énergétique, la gestion des déchets, les émissions liées aux transports et la préservation des patrimoines.

Elle doit aussi interroger la manière dont les revenus générés par le tourisme sont distribués et la place accordée aux populations locales.

La transition vers un tourisme plus durable implique donc une multitude d’acteurs : pouvoirs publics, collectivités, hôtels, restaurants, agriculteurs, artisans, associations, habitants, touristes et grands opérateurs internationaux. Elle suppose surtout de dépasser une vision du tourisme comme simple industrie de consommation des territoires.

Repenser la destination plutôt que seulement le produit

À Monastir, les échanges ont finalement fait émerger une idée essentielle : le tourisme durable n’est pas un produit supplémentaire que l’on ajoute à un catalogue. C’est une manière différente de penser et de gouverner le tourisme.

Il s’agit de savoir quelles ressources un territoire possède, quelles limites il rencontre, qui bénéficie du tourisme et comment les populations peuvent participer à sa construction.

La Méditerranée ne pourra pas répondre à ses défis en reproduisant partout les mêmes modèles. Elle devra composer avec ses territoires, ses cultures, ses ressources et ses vulnérabilités propres.

De Monastir à Sousse, des salles de conférence aux ruelles de la médina, les journalistes ont ainsi été invités à regarder le tourisme autrement : non plus seulement comme une industrie qui attire et accueille, mais comme un écosystème humain, économique, culturel et environnemental.

Et peut-être est-ce là le véritable enjeu du tourisme de demain : ne plus demander uniquement combien de touristes un territoire peut accueillir, mais aussi quel territoire nous voulons transmettre aux générations qui viendront après eux.

Malek Chouchi

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