Amina Fakhet renoue avec Carthage dans une grande célébration de la chanson tunisienne

Après huit ans d’absence, la diva tunisienne Amina Fakhet a retrouvé, Lundi 17 Août 2026, la scène de l’Amphithéâtre de Carthage, dans le cadre de la 60e édition du Festival international de Carthage (FIC). Un retour très attendu, placé sous le signe de la mémoire musicale, de l’émotion et de la création

L’Amphithéâtre romain a renoué avec l’une des voix les plus emblématiques de la scène musicale tunisienne, à l’occasion d’un spectacle conçu comme une véritable célébration de la chanson tunisienne

La diva a choisi de miser sur ce qui constitue depuis des décennies la force de son identité artistique : une voix reconnaissable, une présence scénique généreuse et une relation privilégiée avec son public. Dès les premières notes, l’atmosphère s’est installée dans les gradins, entre nostalgie et enthousiasme
Fakhet a ouvert la soirée avec Mazel Badri, donnant immédiatement le ton à un spectacle où les souvenirs ont occupé une place centrale. Portées par les applaudissements et reprises par le public, les premières chansons ont rapidement transformé l’Amphithéâtre de Carthage en un vaste chœur à ciel ouvert

Mémoire musicale partagée
Accompagnée par l’Orchestre national tunisien, dirigé par Youssef Belheni, Fakhet a revisité plusieurs titres qui ont marqué le parcours de l’artiste et la mémoire collective de plusieurs générations de Tunisiens
Soltan Hobbak, Aljbin Asaba, Wala Mara et Ala Allah ont notamment figuré au programme. Des chansons familières, dont les paroles et les mélodies ont été reprises en chœur par les spectateurs, révélant une nouvelle fois la place singulière occupée par Fakhet dans le patrimoine musical contemporain tunisien
La présence de l’Orchestre a également donné une dimension particulière à ces retrouvailles. Les arrangements ont permis de mettre en valeur la richesse du répertoire interprété, tout en offrant aux classiques de la diva un écrin musical à la hauteur de l’événement

Spectacle où la musique rencontre le mouvement
Loin de se limiter à une succession de chansons, le spectacle a été pensé comme une expérience artistique globale. La musique, la voix, le mouvement et la scénographie se sont articulés pour construire différents tableaux et donner au concert une forte dimension visuelle
La chorégraphie a ainsi occupé une place importante dans la mise en scène. Un moment particulièrement marquant a été la participation de Molka Aouij, fille de Fakhet, en qualité de chorégraphe. Elle a partagé la scène avec sa mère sur deux chansons, ajoutant une dimension familiale et symbolique à cette soirée de retrouvailles
Cette complicité artistique entre les deux générations a constitué l’un des temps forts du spectacle, inscrivant le retour de Fakhet à Carthage dans une dynamique à la fois patrimoniale et contemporaine

Retour qui regarde aussi vers l’avenir
Si la nostalgie a naturellement accompagné cette soirée, Fakhet n’a pas choisi de faire de son retour à Carthage un simple voyage dans le passé. La diva a également présenté trois nouvelles chansons, apportant une touche de nouveauté à un répertoire déjà riche

Ces créations ont donné au spectacle une autre portée : celle d’une artiste qui retrouve son public avec ses classiques, tout en affirmant sa volonté de poursuivre son parcours et d’explorer de nouveaux horizons
Le contraste entre les titres qui ont façonné sa popularité et ces nouvelles propositions a ainsi permis d’éviter l’écueil d’un concert uniquement tourné vers la nostalgie. À Carthage, Fakhet a célébré son histoire tout en ouvrant une nouvelle page

Carthage, théâtre d’une complicité intacte
Tout au long de la soirée, la relation entre l’artiste et son public s’est imposée comme le véritable fil conducteur du spectacle. Reprises collectives, applaudissements, échanges et moments de complicité ont rythmé la prestation
Huit ans après sa dernière apparition à Carthage, Fakhet a retrouvé un public qui, manifestement, n’avait rien oublié de ses chansons. Cette fidélité a donné au concert une dimension qui dépassait la simple performance scénique : celle d’une rencontre entre une artiste et plusieurs générations de spectateurs autour d’un répertoire partagé
Avec cette soirée, la 60e édition du FIC a ainsi offert une parenthèse consacrée à la chanson tunisienne dans ce qu’elle a de plus fédérateur : des mélodies ancrées dans la mémoire, des voix qui traversent les générations et un public capable de transformer un concert en moment collectif
Amina Fakhet a donc renoué avec Carthage sans se contenter de reproduire le passé. Entre grands classiques, nouvelles chansons, accompagnement orchestral et chorégraphies, la diva a proposé un spectacle généreux et complet. Une soirée où la nostalgie s’est mêlée à la création, et où le retour après huit ans a pris les allures d’une véritable fête de la chanson tunisienne
Malek Chouchi




