Bizerte en fête : Mortadha Ftiti et Al Shami réunissent les générations autour d’une nuit musicale exceptionnelle
Un dialogue entre la chanson tunisienne contemporaine et la nouvelle pop arabe

La scène du Festival international de Bizerte (FIB) a vécu, hier soir, l’une de ses grandes soirées de cette édition avec une affiche placée sous le signe de la rencontre : le chanteur tunisien Mortadha Ftiti et l’artiste syrien Al Shami ont offert au public une soirée où se sont croisés émotion, énergie et communion populaire

Devant un public nombreux, le théâtre de plein air de Bizerte a vibré au rythme de deux univers musicaux différents mais réunis par une même ambition : toucher une génération qui cherche dans la musique à la fois l’expression de ses sentiments et un espace de partage. Cette affiche a confirmé la volonté du FIB de proposer des rendez-vous où les artistes tunisiens dialoguent avec les grandes tendances de la scène arabe actuelle
Au-delà d’un simple concert, cette soirée a raconté une évolution de la musique arabe contemporaine : une scène où les frontières s’effacent, où les influences circulent et où les artistes construisent une relation directe avec leur public

Mortadha Ftiti, entre émotion personnelle et mémoire collective
La première partie de la soirée a été assurée par Ftiti, qui a rapidement installé une atmosphère de proximité avec les spectateurs. L’artiste tunisien, devenu l’une des voix remarquées de la nouvelle scène nationale, a démontré une nouvelle fois sa capacité à mélanger modernité musicale et attachement au patrimoine tunisien

Dès les premières notes de Ya Lil, le public a répondu présent, reprenant les paroles et accompagnant l’artiste dans un moment de forte complicité



Ftiti a poursuivi avec plusieurs titres appréciés de son répertoire, notamment Mani Rjâa, Ansa, Ya Baba, Chidda W Tzoul, Ya Sahbi, ainsi que d’autres chansons qui ont renforcé le lien entre l’artiste et son audience

Le moment consacré à Ya Baba a constitué l’une des séquences les plus émouvantes de la soirée. L’artiste a offert un instant de partage qui dépassait le cadre du spectacle, rappelant que certaines chansons deviennent des fragments d’histoires personnelles vécues par le public


Fidèle à son identité artistique, Ftiti a également rendu hommage à la richesse du répertoire tunisien en interprétant Ya Lalla Jitek Bdkhil et Naghara Ya Saida, offrant ainsi une passerelle entre les nouvelles sonorités et la mémoire musicale populaire
Sa prestation a confirmé une caractéristique essentielle de son univers : une musique capable de parler aux jeunes générations tout en conservant un ancrage culturel profondément tunisien

Al Shami, la force d’une nouvelle génération arabe
L’arrivée d’Al Shami sur scène a provoqué une nouvelle vague d’enthousiasme. L’artiste syrien, devenu une figure importante auprès du jeune public arabe, a apporté une autre couleur musicale à la soirée : celle d’une pop contemporaine nourrie par les nouveaux modes de consommation musicale et par la puissance des plateformes numériques

Avec son style moderne et son identité artistique reconnaissable, Al Shami a transformé la scène de Bizerte en un espace de communion avec ses fans

Ses chansons, largement relayées auprès d’un public international, ont montré l’impact d’une nouvelle génération d’artistes capables de créer un lien direct avec leurs auditeurs

Parmi les titres interprétés figuraient notamment Jinaak, Ya Leil Ya Ain, Ala Shano, Samra Samra, Fik Ahla Ouyoun, Dawali et Khodni

Sa prestation a été marquée par une forte interaction avec le public, notamment lorsqu’il a salué la Tunisie et reçu le drapeau tunisien sur scène, un geste symbolique qui a renforcé l’émotion du moment

Soirée qui reflète les mutations de la musique arabe
La réussite de cette soirée ne tient pas seulement à la popularité des deux artistes. Elle réside surtout dans la rencontre de deux trajectoires musicales complémentaires
D’un côté, Ftiti représente une scène tunisienne qui puise dans son identité locale pour construire une expression moderne. De l’autre, Al Shami incarne une nouvelle vague arabe portée par les réseaux sociaux, les plateformes numériques et une esthétique musicale sans frontières

Cette rencontre a démontré que le public actuel ne recherche plus uniquement une succession de chansons, mais une expérience collective faite d’émotions, de souvenirs et de moments partagés

À Bizerte, la musique a une nouvelle fois joué son rôle de trait d’union. Entre les rythmes tunisiens de Mortadha Ftiti et l’univers contemporain d’Al Shami, le FIB a offert une soirée où différentes générations et sensibilités ont trouvé un même langage : celui de la chanson
Malek Chouchi




