ثقافة

Haifa Wehbe à Carthage : une nuit de retrouvailles, de lumière et de fièvre

Il aura fallu dix-huit ans pour que Haifa Wehbe retrouve, le 3 septembre 2026, la scène mythique de Carthage. Après une longue absence, la star libanaise a renoué avec le public tunisien lors d’une soirée placée sous le signe de l’émotion, de la musique et des souvenirs. Dans l’amphithéâtre antique, les retrouvailles ont été à la hauteur de l’attente : chaleureuses, vibrantes et largement saluées par le public. Organisée par L’Amicale des agents de la Municipalité de Carthage, en partenariat avec Wakalar et Starbox Events, la soirée a rassemblé les spectateurs autour de l’univers musical de la chanteuse libanaise

Dès les premières secondes, le ton était donné : Carthage s’apprêtait à vivre une soirée à part

À quelques instants de monter sur scène, Wehbe avait elle-même donné le ton de la soirée sur les réseaux sociaux, Wehbe avait elle-même donné le ton de la soirée sur les réseaux sociaux. « À quelques instants de vous rencontrer, Carthage. Tunis, je suis prête pour votre amour ce soir », écrivait la star libanaise dans un message publié peu avant le spectacle

Quelques minutes plus tard, les mots allaient laisser place à la rencontre. À 22 heures, les lumières se sont progressivement éteintes dans l’amphithéâtre antique. Puis, lorsque Wehbe est apparue sur scène, une vague d’applaudissements et de cris a envahi les gradins. Face à elle, des milliers de spectateurs ont accueilli avec enthousiasme une artiste qui occupe, depuis plus de deux décennies, une place singulière dans la pop arabe

Le temps semblait soudain suspendu

Dix-huit ans après, Haifa retrouve Carthage

Carthage n’est pas une scène comme les autres pour Wehbe. Elle y avait déjà chanté à plusieurs reprises, notamment en 2004, 2006 et 2008. Son retour en 2026 avait donc une dimension particulière : celui d’une artiste retrouvant un lieu chargé de souvenirs et un public qui, lui, n’avait rien oublié

Dès son entrée, la connexion est immédiate. Les premières chansons sont accueillies par des milliers de voix qui reprennent les paroles. Dans les gradins, les téléphones s’allument, les spectateurs filment, chantent et dansent. Sur scène, Haifa se laisse porter par cette énergie

La chanteuse n’a pas seulement retrouvé Carthage : elle a retrouvé une partie de son histoire

Entrée en scène spectaculaire

Pour Wehbe, le concert ne se résume jamais à une succession de chansons. L’image, les costumes, les lumières et les déplacements participent pleinement à l’expérience

Dans cette soirée, la star libanaise a misé sur une allure glamour et sophistiquée. Sa tenue scintillante, son élégance et son assurance ont immédiatement capté les regards

Cependant, au-delà du vêtement, c’est sa présence scénique qui domine

Haifa occupe la scène avec cette aisance qui lui est propre. Elle avance, s’arrête, échange avec le public, sourit, danse et relance sans cesse l’ambiance. Chaque geste semble pensé pour maintenir le contact avec les gradins

Carthage chante Haifa

L’un des moments les plus forts de la soirée est sans doute cette impression de communion qui s’installe progressivement

Haifa lance une chanson, et le public répond

Elle s’arrête quelques instants, laissant les spectateurs chanter à sa place. Des milliers de voix prennent alors le relais, faisant résonner les mélodies dans les pierres de l’amphithéâtre antique

C’est dans ces instants que l’on mesure le chemin parcouru par certaines chansons

Elles ne sont plus simplement des titres populaires. Elles sont devenues des souvenirs personnels, des morceaux de jeunesse, des histoires d’amour, des soirées entre amis et des refrains que l’on connaît presque instinctivement

Et ce soir-là, toute cette mémoire collective s’est retrouvée au même endroit

Haifa, toujours fidèle à Haifa

Au fil des années, Wehbe a construit une identité artistique reconnaissable entre toutes. Une esthétique glamour, une forte présence médiatique, des chansons populaires et une manière très personnelle d’assumer son image

À Carthage, elle n’a rien renié de cet univers. Au contraire, elle l’a pleinement revendiqué

La star libanaise a offert un spectacle généreux, rythmé et visuellement travaillé, alternant moments de danse, séquences plus intimes et échanges avec le public

Et derrière l’image de l’icône glamour, quelques instants ont laissé apparaître une artiste touchée par l’accueil tunisien

Parenthèse de proximité

Au milieu des lumières et de l’effervescence, Haifa a également laissé place à des moments plus spontanés

Son interaction avec le public a donné à la soirée une dimension plus humaine. Un sourire échangé, un geste vers les gradins, quelques mots adressés aux spectateurs : autant de petits instants qui ont contribué à rapprocher la star de son audience

L’un des moments les plus attendrissants est venu lorsqu’elle a tenu à immortaliser sa rencontre avec un enfant tunisien. L’image contrastait avec le faste du spectacle

Derrière les projecteurs, les costumes et les milliers de regards braqués sur elle, il y avait simplement une artiste heureuse de retrouver son public

Soirée qui dépasse le simple concert

Il y a des spectacles que l’on oublie quelques jours après et puis, il y a ceux qui s’inscrivent dans la mémoire collective

Le retour de Wehbe à Carthage appartient clairement à cette seconde catégorie, parce qu’il y avait dix-huit ans d’attente, parce qu’il y avait un amphithéâtre antique rempli de spectateurs, parce qu’il y avait des chansons que plusieurs générations connaissent, mais surtout parce qu’il y avait une rencontre

Une rencontre entre une artiste devenue une figure incontournable de la pop arabe et un public tunisien qui lui a réservé un accueil à la hauteur de ses retrouvailles

Cette nuit-là, les vieilles pierres de Carthage ont résonné de refrains modernes, les gradins ont vibré au rythme des chansons et Haifa Wehbe a une nouvelle fois démontré qu’elle savait transformer une prestation musicale en un véritable spectacle scénique

Lorsque les dernières lumières se sont éteintes, il ne restait plus que les souvenirs d’une soirée dorée

Dix-huit ans après son dernier passage, Haifa était de nouveau à Carthage

et Carthage, elle, semblait ne jamais l’avoir oubliée

Malek Chouchi

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