ثقافة

Festival international de Hammamet 2026: soixante éditions, une mémoire qui continue de s’écrire

Le temps semblait suspendu, Vendredi 31 Juillet 2026, au Centre culturel international de Hammamet « Dar Sebastian ». En remontant le fil de l’histoire jusqu’au 31 Juillet 1964, date à laquelle le président Habib Bourguiba inaugurait le Théâtre de Hammamet, le Festival international de Hammamet (FIH) célébrait non seulement sa 60ᵉ édition, mais aussi la naissance d’un projet culturel qui, depuis plus de six décennies, façonne une part essentielle de la vie artistique tunisienne

Cette coïncidence de calendrier n’avait rien d’un hasard. En choisissant cette date pour inaugurer l’exposition anniversaire du festival, les organisateurs ont voulu renouer symboliquement avec l’instant fondateur d’une aventure culturelle qui continue aujourd’hui de se réinventer. Plus qu’une commémoration, cette exposition est une invitation à relire l’histoire d’un festival dont la mémoire demeure en perpétuel mouvement

Placée sous le slogan « Endless Memories », cette manifestation a été inaugurée par la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, en présence de la gouverneure de Nabeul, Hana Chouchani, ainsi que de nombreux artistes, intellectuels, journalistes et invités du festival. Organisée dans les espaces de Dar Sebastian jusqu’au 2 Août, elle transforme ce lieu emblématique en un vaste parcours immersif où les archives dialoguent avec les technologies numériques

Dès l’entrée, le visiteur est invité à un véritable voyage dans le temps. Dix panneaux numériques interactifs retracent les différentes étapes qui ont conduit à la naissance du théâtre de plein air, depuis les premières esquisses architecturales jusqu’à l’édification d’un amphithéâtre devenu l’un des plus prestigieux espaces de spectacle à ciel ouvert en Tunisie. Photographies inédites, plans, documents d’archives et contenus audiovisuels racontent comment cette scène ouverte sur la Méditerranée est progressivement devenue un carrefour des grandes expressions artistiques tunisiennes, arabes et internationales

L’exposition ne se contente pas de raconter une succession d’événements. Elle montre aussi comment le FIH a construit, au fil des décennies, une véritable identité visuelle. Les affiches des premières éditions côtoient celle de cette 60ᵉ édition, révélant l’évolution des choix graphiques, des sensibilités esthétiques et des orientations culturelles qui ont accompagné les transformations du festival. À travers ces créations, c’est aussi l’histoire du design culturel tunisien qui se dessine

Une autre partie du parcours est consacrée à Dar Sebastian elle-même, dont l’histoire dépasse largement celle du festival. Cette demeure historique, devenue un haut lieu de création, a accueilli au fil des années des figures majeures de la culture et de l’histoire mondiale. Oum Kalthoum, Winston Churchill, Ziad Rahbani et de nombreuses autres personnalités y ont laissé leur empreinte, contribuant à faire de ce lieu un espace de dialogue entre les cultures et les générations

Parce que la mémoire du festival est aussi une mémoire audiovisuelle, le visiteur redécouvre plusieurs décennies de captations de spectacles, d’entretiens, de reportages et d’images devenues emblématiques. Ces documents transmettent l’histoire du festival auprès de plusieurs générations de Tunisiens

L’une des dimensions les plus originales de l’exposition est sans doute celle consacrée au public. Les photographies et les séquences vidéo ne mettent pas seulement en lumière les artistes qui se sont produits sur la scène de Hammamet. Elles racontent aussi les visages de celles et ceux qui, venus de toutes les régions du pays, ont rempli les gradins année après année. Cette mémoire des spectateurs rappelle que le festival ne s’est pas construit uniquement grâce aux grands noms de la scène internationale, mais également grâce à la fidélité d’un public devenu, au fil du temps, l’un de ses principaux acteurs

Pour Najib Kasraoui, directeur de « Dar Sebastian » et du FIH, le choix du 31 Juillet répond à une forte volonté symbolique. Cette date correspond précisément à celle de l’inauguration du théâtre en 1964 et marque le point de départ d’une aventure culturelle qui se poursuit encore aujourd’hui

Il explique que cette exposition a été pensée comme une expérience numérique et interactive, permettant au visiteur de parcourir autrement l’histoire du festival, de retrouver les artistes qui ont marqué sa scène et d’explorer les photographies ainsi que les documents qui racontent son évolution depuis sa création jusqu’à nos jours

Au-delà de la célébration, l’ambition est résolument tournée vers l’avenir. Selon Kasraoui, il s’agit de préserver et de valoriser le patrimoine artistique accumulé durant six décennies afin qu’il puisse continuer à vivre auprès des nouvelles générations. Cette démarche dépasse donc le simple exercice de mémoire pour devenir un véritable projet de transmission

Le directeur rappelle également que cette histoire est avant tout une œuvre collective. Derrière chaque édition se trouvent des fondateurs, des directeurs, des artistes, des créateurs, des techniciens, des équipes administratives et des partenaires qui ont contribué, chacun à leur manière, à faire vivre cette institution

L’histoire du Festival de Hammamet est une histoire écrite par tous, résume-t-il

soulignant que cette aventure appartient autant aux artistes qu’au public et à l’ensemble des acteurs culturels qui ont fait de ce théâtre un espace ouvert sur les cultures du monde

Entre photographies anciennes, archives audiovisuelles et dispositifs numériques, cette exposition ne cherche pas simplement à préserver des souvenirs. Elle les réinterprète, les contextualise et leur offre une nouvelle visibilité. La mémoire cesse ainsi d’être un objet figé pour devenir une matière vivante, accessible et transmissible

À travers cette initiative, le FIH affirme qu’un patrimoine culturel ne se résume pas aux œuvres qu’il a accueillies. Il réside aussi dans les regards, les émotions, les rencontres et les générations qui l’ont façonné. Soixante éditions après sa création, le festival continue ainsi d’écrire son histoire, fidèle au mot d’ordre choisi pour cette édition anniversaire : « Endless Memories », une mémoire qui ne cesse de vivre et de se renouveler

Malek Chouchi

مقالات ذات صلة

اترك تعليقاً

لن يتم نشر عنوان بريدك الإلكتروني. الحقول الإلزامية مشار إليها بـ *

زر الذهاب إلى الأعلى