ثقافة

À la 60e édition du FIH, YARA offre une nuit de grâce

Il est des soirées où la musique dépasse le simple cadre du spectacle pour devenir une expérience collective, presque intime. À l’amphithéâtre de Hammamet, Yara n’a pas seulement donné un concert : elle a offert un moment de communion où l’émotion, la nostalgie et la générosité artistique se sont conjuguées avec une rare intensité

Invitée, Samedi 18 Juillet 2026, à la 60e édition du Festival international de Hammamet, la superstar libanaise a célébré les plus belles étapes de son parcours artistique en offrant à son public un florilège de chansons romantiques et de morceaux aux rythmes entraînants. Une soirée placée sous le signe de la proximité, de la fidélité et du partage

Entrée en scène sous le signe de la communion

Dès son apparition sur scène, Yara impose une présence empreinte d’élégance et de simplicité. Sans artifice, avec cette grâce naturelle qui la caractérise, elle réduit instantanément la distance entre l’artiste et son public. Les applaudissements nourris laissent rapidement place à un immense chœur populaire : chaque refrain est repris, chaque parole est connue, chaque mélodie semble appartenir autant aux spectateurs qu’à celle qui les interprète

Le véritable fil conducteur de la soirée réside dans cette interaction permanente avec le public. Dès la première chanson, les voix des spectateurs s’élèvent à l’unisson avec celle de l’artiste. Les gradins de l’amphithéâtre se transforment en une immense chorale où les milliers de mélomanes reprennent les paroles d’une seule voix. À plusieurs reprises, Yara s’efface volontairement quelques instants, laissant son public poursuivre seul les couplets qu’il connaît par cœur. Un dialogue musical spontané qui témoigne de la relation de confiance et d’affection qu’elle a su construire avec ses admirateurs au fil des années

Artiste proche de son public

Pendant près de deux heures, l’artiste interprète une vingtaine de chansons, ponctuant son spectacle de salutations chaleureuses, d’hommages, de dédicaces et de nombreuses déclarations d’amour à la Tunisie. À plusieurs reprises, elle confie son bonheur de retrouver le public tunisien, auquel elle dit être profondément attachée, faisant de chacune de ses visites un rendez-vous empreint d’émotion

Ce qui frappe avant tout chez Yara, c’est sa capacité à conjuguer maîtrise vocale et sincérité. Sa voix, toujours aussi limpide, épouse avec aisance les nuances de chaque morceau, tandis que son interprétation refuse toute démonstration excessive pour privilégier la justesse de l’émotion. Son charisme n’est jamais imposé ; il s’exprime dans un sourire, un regard complice ou une parole adressée avec douceur à ses admirateurs

Cette spontanéité constitue sans doute l’une des signatures de l’artiste. À plusieurs reprises, Yara immortalise l’instant en prenant son public en photo ou en multipliant les selfies avec les premiers rangs. Des gestes simples, mais profondément révélateurs d’une relation construite sur la proximité et la gratitude. Ici, la célébrité ne crée pas la distance ; elle devient un lien

Répertoire entre succès incontournables et hommages

La soirée s’ouvre sur « Aa Albi Shou Ghali », avant de poursuivre avec plusieurs de ses plus grands succès, notamment « Taghyir El Fousoul », « Ya Reit », « Tawsa Fiya », « Sodfa », « Khedhni Maak » et d’autres titres incontournables de son répertoire, largement plébiscités sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux

L’un des temps forts du concert est consacré aux reprises. Avec une émotion palpable, Yara interprète « Nassam Alayna El Hawa », immortalisée par Fairouz, avant de rendre hommage au patrimoine musical tunisien avec « Jari Ya Hamouda », célèbre chanson du regretté Ahmed Hamza. Ces interprétations, portées avec respect et sensibilité, déclenchent une ovation du public

L’orchestre, composé de choristes, de violonistes, de violoncellistes, de percussionnistes et de batteurs, accompagne chaque morceau avec une remarquable précision, offrant un écrin musical d’une grande richesse

Après avoir parcouru les multiples facettes de son univers artistique, Yara clôt la soirée sur « Ah Mennak Ya Hawa », sous une longue ovation d’un public qui refuse de voir s’achever cette parenthèse musicale

Voix majeure de la chanson arabe contemporaine

Au-delà de la performance, ce concert rappelle pourquoi Yara demeure l’une des voix féminines les plus marquantes de la chanson arabe contemporaine. Depuis le début des années 2000, elle s’est imposée grâce à la délicatesse de son interprétation, à une présence scénique élégante et à sa capacité à naviguer avec aisance entre les différents dialectes arabes et les styles musicaux. Son succès ne repose pas uniquement sur un répertoire populaire, mais sur une identité artistique qui privilégie l’émotion, la sincérité et la proximité avec son public

À Hammamet, cette identité a trouvé un écrin idéal. L’amphithéâtre, chargé d’histoire et baigné par la douceur de la nuit estivale, a offert le décor parfait à une artiste capable de transformer chaque concert en un espace de partage où artistes et spectateurs vivent, le temps d’une soirée, les mêmes émotions et chantent d’une seule voix

Magie qui perdure

Lorsque les dernières notes s’éteignent, les applaudissements se prolongent longuement, comme pour retarder l’instant de la séparation. Le public quitte les gradins avec le sentiment d’avoir vécu davantage qu’un simple concert : une rencontre avec une artiste dont la voix, l’élégance et l’humanité continuent de tisser un lien privilégié avec ses admirateurs

À Hammamet, Yara n’a pas seulement chanté. Elle a rappelé que la musique, lorsqu’elle est portée par la sincérité et le partage, possède encore ce pouvoir rare : celui d’opérer la magie

Malek Chouchi

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